Frigo Mix

BUG, le November 30, 2015, 11:01 AMModifié le December 17, 2015, 11:50 AM

La fabrique citoyenne

September 26, 2016

Trois projets similaires ont été proposés (Foodsharing, Frigo pour tous, Frigo Mix). Il a été choisi de ne conserver au vote que "Frigo Mix" proposé par l'Association BUG afin que celle-ci puisse associer les porteurs des autres projets à cette expérimentation.

Description

Notre société planétaire – a fortiori nos sociétés occidentales -  n’ont jamais produit autant de nourriture qu’aujourd’hui. Pour autant, l’accès à l’alimentation n’est pas égal selon les populations, la géopolitique ou encore la sociologie d’un territoire, quand bien même nos capacités de production permettent de nourrir l’équivalent de 4 fois la population mondiale (sur la basse d’une ration quotidienne moyenne OMS).
 
Nos sociétés sont confrontées à des questions de gaspillage alimentaire, alors même que des populations ne mangent pas à leur faim ou n’accèdent pas à une ration suffisante et de qualité.
 
Même si l’équation semble simple à résoudre, ce n’est pas une évidence. Toujours autant de gaspillage alimentaire à travers le monde… et de plus en plus d’affamés! On estime aujourd’hui que 30% de la production mondiale va directement du champ à la poubelle, ce qui représente environ 750 milliards de dollars. Ce chiffre dépasse les frontières de votre imaginaire? Moi aussi. Et si on ramène la réalité à notre petite personne et à notre champ d’action possible, on estime que, annuellement, chaque français gaspille l’équivalent d’une soixantaine de repas… Le gâchis européen annuel peut sustenter un milliard de personnes.
 
Ce gâchis impacte l’environnement par les mécanismes de production de surplus alimentaire inutilisé ou détruit. Les coûts économiques sont également majeurs puisque la nourriture non consommée est conditionnée puis acheminée vers des centres d’incinération des déchets au même titre que les déchets classiques (hormis le tri sélectif et le compostage). Enfin, la qualité nutritive des aliments non-consommés est généralement perdue à jamais et ne profitera plus à personne (sinon dans le meilleur des cas à enrichir un futur sol).
 
L’économie collaborative et les outils numériques, offrent aujourd’hui une incroyable possibilité de réduire le gaspillage alimentaire d’un territoire en concevant un écosystème citoyen vertueux, confrontant l’excès d’aliments à l’instant T et le besoin, exprimé ou sous-jacent. Une plate-forme numérique dédiée fonctionne ainsi comme un outil territorial d’accélération. Elle rend tangible des usages non-révélés car techniquement insolvables.
 
Parallèlement, la capacité des citoyens et des acteurs associatifs à organiser un circuit viable, cohérent et adapté aux modes alimentaires de chacun complète le schéma organisationnel d’un tel projet.
 
La réponse qui est proposée à cette problématique consiste à mettre en place :
 
1/ un système urbain dynamique de collecte de nourriture non-consommé,
2/ un conditionnement répondant aux normes alimentaires, et un ou plusieurs lieux identifiés sur le territoire où seront entreposés (étagères urbaines, réfrigérateurs urbains…),
3/ les aliments accessibles à tout le monde, sans conditions de ressources, sans contraintes d’accès ou d’horaires d’ouverture.
 
Ce système nécessite de s’appuyer sur une organisation citoyenne ou associative, qui assure le fonctionnement, la qualité du circuit et l’animation du projet en contrôlant régulièrement les aliments pour s’assurer d’une bonne traçabilité.
 
Une initiative berlinoise…
 
L’association Lebensmittelretten, les sauveurs de nourriture, ont débuté leurs actions à Berlin vers 2011/2012… Initialement site participatif, la structure essaime rapidement des frigos à travers la ville, disponibles 24 heures par jour, 7 jours sur 7. D’échange de bouffe entre gens « connectés », les instigateurs descendent rapidement dans la rue pour investir l’espace public et apporter ce principe de don à une communauté demandeuse. Aujourd’hui, plus de 1700 bénévoles visitent régulièrement plus de 1000 supermarchés ainsi que des centaines de « petits » commerçants afin de récupérer pains, plats préparés ou fruits et légumes considérés comme invendables. Invendable ne veut pas dire inconsommable! La règle du frigo en libre service, c’est qu’on n’y dépose que ce qui est mangeable et ce que le donateur, lui même, consomme. Pas de denrées débectantes, pas de viandes ni de poissons pouvant être source de contamination alimentaire, seuls les produits sains sont acceptés. Règle d’or très certainement respectée puisque, depuis la  mise en place, aucun problème sanitaire n’a été relevé.
 
 
La nourriture comme vecteur de mixité sociale
 
Ce projet a également un autre impact : il investit l’espace urbain d’une autre manière et redonne une dimension contemporaine aux garde-manger. Ce projet ne se nourrit d’aucun stéréotype sociologique en stigmatisant telle ou telle population. Au contraire, il véhicule des valeurs de mixité sociale par la simplicité de son système (en amont comme en aval).  Il s’adresse à tous les habitants : celui qui est rentré tard et n’a pas prévu pour son repas du soir ; celle qui n’a pas suffisamment de moyens économiques pour manger une ration alimentaire quotidienne suffisante, celui qui ne dispose pas de produits alimentaires variés et équilibrés (fruits et légumes par exemple).
 
Il ne vient concurrencer personne dans la mesure où il intervient sur un interstice de la chaine de consommation alimentaire, après l’acte d’achat et avant la mise en circuit d’évacuation des déchets.
 
La clé de voûte de ce système repose sur la capacité de l’offre et de la demande de se rencontrer dans un délai de temps relativement court. Les aliments sont des produits sensibles, qui peuvent s’altérer rapidement et devenir impropre à la consommation. Ils doivent donc rapidement trouver preneur. Ceci suppose que leur existence et disponibilité soient connues dans ce délai.

Objectif

Le circuit

- collecte d’aliments (particuliers, restaurants,
- conditionnement dans des réfrigérateurs ou étagères selon les produits (chez des commerçants, des équipements ou des commerçants, voire locaux d’immeubles)
- Récupération d’aliments

Les préalables

Ce projet dans sa version beta est une phase de test qui vise à faire connaître et à construire le système, à partir d’un territoire expérimental, à border juridiquement le projet et à mobiliser citoyens, bénévoles et associations.
Conception d’une plate-forme numérique collaborative et participative permettant de mettre rapidement et facilement l’offre et la demande.